ActualitésPerte d'appetit et dénutrition des seniors Redonner l'envie de manger aux seniors

1/5/2021

Redonner l'envie de manger aux seniors

Pathologie méconnue en société d’abondance mais véritable enjeu de santé public, la dénutrition des séniors se définit comme un déséquilibre entre les apports nutritionnels et les besoins de l’organisme. Celle-ci entraine des complications et une mortalité accrue. Elle touche 4 à 10% des personnes âgées vivant à domicile, 15 à 38% en institution et jusqu’à 70% des seniors hospitalisés. Quand on prend de l’âge, certains métabolismes se transforment et la sensation de faim s’amoindrit : on a moins envie de manger. Que faire alors pour éviter de se dénutrir ?

Le risque de dénutrition chez les seniors

Le statut nutritionnel est fragilisé par des modifications physiologiques (altération du goût, des sensations de faim et de soif, …), psychologiques (dépression, veuvage) et moteurs liés au vieillissement (maladie dégénérative, difficultés de préhension, problèmes de dents). Conséquence : le senior mange moins, ce qui l’entraîne dans un cercle vicieux dégradant fortement son état général.

Pour éviter cela, il convient de dépister et de prendre en charge la dénutrition des séniors AVANT que celle-ci ne s’installe durablement.

Quelques conseils simples : se peser 1 fois par mois pour surveiller son poids, faire 3 vrais repas équilibrés et variés par jour, ainsi que de petites collations ; enfin boire suffisamment (environ 8 verres d’eau par jour) et bouger.

Stimuler chez la personne âgée l’envie de manger

Pour combattre les effets du temps, il convient d’entretenir ce qui nous donne l’envie de manger. Appuyons-nous sur nos 5 sens :

• La vue : faisons en sorte que notre assiette donne envie de la déguster, jouons sur une jolie présentation, soignons la nappe et la vaisselle, amenons de la couleur dans les plats avec les épices, jouons avec la forme ou la découpe des aliments, il convient de conserver ce côté ludique et surprenant. Si l’on peut partager ce moment convivial avec d’autres convives c’est encore mieux !

• L’odorat : sentir l’odeur du fruit sur l’étal nous projette tout de suite dans le moment où nous allons le déguster. Qui n’a jamais salivé en sentant mijoter un bon plat ou du pain grillé ? Une odeur agréable nous met en appétit.

• Le toucher : si l’on peut, participer aux courses et au choix des aliments, éplucher les légumes ou les fruits, les découper. Certaines techniques comme le « manger main » utilisé dans les unités Alzheimer permet de revenir à certaines sensations oubliées et d’améliorer la prise alimentaire pour des populations à risque ou qui souffrent de problèmes cognitifs.

• L’ouïe : une poêle qui crépite, un mijoté qui chante, une biscotte qui croustille sont autant de stimuli qui mettent en condition nos papilles. En revanche le moment du repas convient d’être calme et apaisé, un environnement trop bruyant peut nuire à votre appétit.

• Le goût : l’utilisation des épices, des condiments et plantes aromatiques permet de relever les plats, de changer une recette traditionnelle en cuisine du monde, mais aussi de varier les plaisirs si votre médecin vous a recommandé de manger sans sel ajouté. Bien mâcher un aliment permet de libérer les molécules du goût, saliver est nécessaire pour éviter le dessèchement de la bouche (d‘où la nécessité de boire suffisamment).

Les seniors peuvent tenter certaines expériences pour « muscler leurs sensations », par exemple des dégustations à l’aveugle afin de se recentrer sur les saveurs et le goût. Participer à des ateliers de « pleine conscience » peut être utile pour se réapproprier ces sensations. Ajouter du colorant alimentaire ou réaliser des plats « trompe- l’œil » en changeant l’aspect des aliments peut être amusant. Enfin, la livraison de repas équilibrés à domicile peut également être une solution.

En résumé, il faut axer la prise alimentaire sur tout ce qui fait plaisir, il ne s’agit pas simplement du plat en lui-même mais aussi de tout ce qu’il y a autour. Le repas doit rester un moment agréable, convivial que l’on attend avec impatience.

Stéphanie

Votre diététicienne Saveurs & Vie