
La dénutrition en cancérologie se caractérise par un déséquilibre entre les apports nutritionnels et les besoins énergétiques de l’organisme.
Ce phénomène complexe résulte de plusieurs mécanismes :
Cette cascade de modifications physiologiques entraîne une fonte musculaire progressive et une diminution des réserves de graisse, pouvant conduire à une cachexie cancéreuse dans les cas les plus sévères.
Une perte de poids supérieure à 5 % en un mois ou 10 % en six mois représente un signal d’alerte majeur nécessitant une consultation rapide avec un professionnel de santé. Cette diminution pondérale s’accompagne souvent d’une réduction des prises alimentaires et d’une fatigue inhabituelle.
Il est recommandé de réaliser une surveillance régulière du poids et d’identifier le plus tôt possible les premiers signes de déséquilibre nutritionnel afin d’adapter rapidement les apports alimentaires. Cette vigilance est particulièrement importante lors des traitements, où la fonte musculaire et la perte d’appétit peuvent s’installer insidieusement.
La dénutrition peut également toucher les personnes en surpoids ou en situation d’obésité. On l’appelle aussi l’obésité sarcopénique. Une perte de poids involontaire doit donc être prise au sérieux, quel que soit le poids de départ.
La fonte musculaire représente l’une des conséquences les plus préoccupantes de la dénutrition chez les patients atteints de cancer. Cette perte de masse musculaire peut affecter la tolérance aux traitements et augmenter le risque de complications post-opératoires.
Un programme nutritionnel adapté, associant des apports protéiques suffisants et une activité physique adaptée, permet de contribuer à préserver la masse musculaire et à mieux tolérer les traitements.
La perte d’appétit touche entre 30% et 75% des patients atteints de cancer (source : arcagy.org), selon la localisation de la tumeur. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette perte d’appétit parmi lesquels nous pouvons citer :
La dénutrition chez les patients atteints de cancers digestifs représente un défi nutritionnel majeur. Cette vulnérabilité s’explique notamment par l’impact direct sur les capacités d’absorption et de digestion des nutriments.
Le risque de dénutrition s’accentue particulièrement lors des traitements, où les modifications anatomiques et les effets secondaires peuvent perturber significativement l’alimentation. La diminution des apports, associée aux troubles digestifs, nécessite une adaptation évolutive des repas.
Les cancers ORL présentent un risque particulièrement élevé de dénutrition, notamment pendant la radiothérapie.
Les modifications anatomiques au niveau de la gorge et les troubles de la déglutition compromettent directement la prise alimentaire, tandis que les altérations du goût et de l’odorat réduisent significativement l’appétit.
Pour les cancers du poumon, la dénutrition concerne près d’un patient sur deux et peut être présente avant même le début des traitements (source : PubMed-National library of medicine).
Un patient dénutri présente un risque de complications plus élevé affectant ainsi la qualité de vie.
L’altération de l’état nutritionnel compromet également l’efficacité des traitements anticancéreux. Par exemple, la réduction des doses thérapeutiques, parfois nécessaire compte tenu de l’état du patient, peut impacter l’efficacité du traitement.
Les données révèlent que 5 à 25% des décès en cancérologie sont directement attribuables aux conséquences de la dénutrition (source : reseaunacre.eu/Prévenir la dénutrition au cours du cancer et son traitement), avec des variations selon les localisations tumorales. Un dépistage précoce associé à une prise en charge nutritionnelle adaptée permet d’améliorer significativement ces indicateurs.
Le maintien d’un bon état nutritionnel est un élément important lors des traitements anticancéreux.
Pour optimiser les apports alimentaires, nous recommandons :
Voici quelques exemples d’aliments généralement tolérés :
Certains aliments peuvent être moins bien tolérés pendant les traitements, notamment les plats épicés, acides ou difficiles à digérer.
Il est important d’adapter son alimentation aux symptômes rencontrés et aux recommandations de l’équipe soignante.
Voici quelques exemples d’aliments parfois moins bien tolérés :
Pendant les traitements, le jeûne et les régimes restrictifs sont déconseillés, car ils peuvent accentuer la perte de poids et de masse musculaire. Toute modification importante de l’alimentation doit être discutée avec l’équipe soignante.
En plus de notre offre de repas Nutrition+, notre équipe de diététiciens-nutritionnistes propose la mise en place d’un accompagnement personnalisé pour prévenir et lutter contre la dénutrition pendant le parcours de soins.
Notre expertise en nutrition-santé nous permet d’élaborer des recommandations alimentaires sur-mesure pour chaque patient atteint de cancer afin de maintenir un apport protéino-énergétique optimal et de préserver la masse musculaire.
Les consultations comprennent une évaluation approfondie des habitudes alimentaires, des besoins et des symptômes liés aux traitements (perte d’appétit, fatigue, troubles digestifs, modifications du goût, etc.).
Dans le cas d’une dénutrition sévère, nous coordonnons nos conseils nutritionnels avec l’établissement de santé et/ou le médecin oncologue ou traitant.
Les personnes âgées atteintes de cancer présentent un risque accru de dénutrition sévère., en raison des changements physiologiques liés à l’âge, auxquels s’ajoutent les effets de la maladie et des traitements.
La fatigue, la perte d’appétit, les difficultés de mastication ou de déglutition, mais aussi la perte d’autonomie peuvent compliquer la préparation et la prise des repas. L’isolement social peut également contribuer à une diminution des apports alimentaires.
Pour préserver leur état nutritionnel, plusieurs mesures peuvent être mises en place :
Saveurs et Vie met en place des solutions nutritionnelles personnalisées dès le début de la prise en charge : enrichissement adapté des repas, fractionnement des prises alimentaires et textures modifiées selon les besoins spécifiques du patient.
Nutrition+ est une solution nutritionnelle personnalisée et validée par des experts, spécifiquement conçue pour répondre aux besoins des patients atteints de cancer.
Les repas sont adaptés selon les besoins :
En conclusion
La dénutrition représente une complication majeure pour les patients atteints de cancer, affectant tant leur qualité de vie que l’efficacité des traitements. Face à ce défi, une prise en charge nutritionnelle précoce et personnalisée s’avère indispensable.
L’accompagnement par des professionnels de santé, combiné à des solutions adaptées comme notre programme Nutrition+, permet de prévenir et de limiter les risques de dénutrition tout au long du parcours de soins.
Article rédigé par notre équipe de diététiciens-nutritionnistes