
La prévalence de la dénutrition est de 30 à 70% chez les personnes âgées hospitalisées[1]
Si cette donnée est largement identifiée par les professionnels de santé, les enjeux liés à l’après-hospitalisation demeurent encore insuffisamment mis en lumière.
[1] Raynaud-Simon A., Dénutrition de la personne âgée : épidémiologie et conséquences, in Traité de nutrition de la personne âgée, Springer, 2009
Les patients rentrent chez eux souvent encore fragiles, avec un appétit diminué, une fatigue persistante et parfois une perte d’autonomie partielle. Sans accompagnement nutritionnel adapté, la plupart d’entre eux continuent à perdre du poids une fois rentrés à domicile.
Ce phénomène, bien établi dans la littérature, participe à l’aggravation de la sarcopénie, en accélérant la perte de masse maigre et la diminution des capacités fonctionnelles, en augmentant le risque de chutes, de complications et de réhospitalisations.
Le paradoxe est là : c’est souvent au moment où le patient en a le plus besoin de retour chez lui, loin de l’équipe soignante que le suivi nutritionnel disparaît.
Dès 2018, les Départements des Hauts-de-Seine et des Yvelines finançaient un programme de visites à domicile par des diététiciennes, proposé à des patients de 60 ans et plus, dénutris ou à risque de dénutrition, à leur sortie d’hospitalisation en service de gériatrie.
Le programme, opéré par Saveurs et Vie Conseil, fonctionnait ainsi :
Les visites étaient entièrement gratuites pour les participants. Les diététiciennes construisent avec chaque patient une stratégie nutritionnelle sur mesure.
L’étude, réalisée de manière rétrospective sur les données collectées entre août 2018 et décembre 2023, a inclus 351 patients (âge moyen : 87 ans) issus de 8 hôpitaux franciliens.
Les résultats sont publiés dans BMC Geriatrics, revue internationale de santé publique.
Ce que l’on observe :
Au-delà du poids, les diététiciennes ont constaté des améliorations significatives sur d’autres indicateurs clés :
Autre résultat notable : les patients qui ont complété davantage de visites ont obtenu de meilleurs résultats, renforçant l’intérêt de maintenir le suivi dans la durée.
Pour les professionnels de santé, médecins, infirmiers coordinateurs, gériatres, assistants sociaux, cette étude apporte une information éclairante : les caractéristiques médicales du patient à l’admission (âge, niveau de dépendance, sévérité de la dénutrition, comorbidités) ne permettent pas de prédire qui va bénéficier ou non du programme.
Autrement dit, on ne peut pas exclure a priori certains patients sur la base de critères médicaux. Le programme doit être proposé largement, sans sélection restrictive.
Pour plus d’information, consultez la publication complète.
Article rédigé par notre équipe de diététiciens nutritionnistes