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Dénutrition des seniors : comprendre, repérer et agir

En France, la dénutrition touche plus de 2 millions de personnes, dont 800 000 seniors. Souvent silencieuse, cette maladie fait perdre du poids, du muscle et peut entraîner une perte d'autonomie. Découvrez dans notre article comment reconnaître et prévenir la dénutrition.
Dame âgée avec aidante

Définition : qu'est-ce que la dénutrition ?

La dénutrition apparaît quand les apports alimentaires ne couvrent plus les besoins du corps. On parle aussi de malnutrition protéino-énergétique : il manque des protéines et/ou de l’énergie, souvent avec d’autres carences.

Contrairement à une idée reçue, les besoins nutritionnels ne diminuent pas avec l’âge, et certains peuvent même augmenter, comme les besoins en protéines. L’appétit, lui, peut baisser. Repérée tôt, la dénutrition peut être prévenue et prise en charge.

Elle peut concerner tout le monde, y compris une personne mince comme une personne en surpoids ou obèse (obésité sarcopénique). Un poids « normal » ou élevé n’exclut donc pas une dénutrition.

La dénutrition des seniors en chiffres

Plus de 2 millions de personnes dénutries en France. Les personnes âgées sont particulièrement touchées par cette maladie :

  • 800 000 seniors sont dénutris, dont 400 000 à domicile et 270 000 en Ehpad

  • 4 à 10 % des 70 ans et plus vivant à domicile sont dénutris

  • Environ 50 % des personnes âgées hospitalisées sont dénutries

  • 40 % des personnes âgées sont hospitalisées pour des conséquences de la dénutrition

  • 40 % des malades du cancer et 40 % des malades d’Alzheimer sont dénutris

  • Après 65 ans, un patient dénutri voit 2 fois plus son médecin, est 3 fois plus hospitalisé et y reste 3 jours de plus

  • Un suivi nutritionnel à domicile après l’hôpital réduit de 60 % les ré-hospitalisations des seniors dénutris

  • Le risque de mortalité est multiplié par 4 chez la personne dénutrie

Pourquoi les seniors sont-ils plus à risque ?

La dénutrition a rarement une seule cause. Plusieurs facteurs s’additionnent souvent :

  • Les changements liés à l’âge : le goût et l’odorat peuvent s’altérer, la sensation de faim et de soif diminuer, et la digestion plus lente prolonge l’impression d’être rassasié. Les muscles diminuent au profit de la masse grasse
  • La perte d’appétit, parfois aggravée par des nausées liées à un traitement ou par la fatigue d’une maladie
  • Les médicaments : la prise de plusieurs traitements (polymédication) peut altérer le goût et couper l’appétit
  • Les problèmes bucco-dentaires, qui rendent la mastication ou la déglutition difficile
  • Les maladies chroniques ou aiguës : maladie d’Alzheimer, cancer, infection (grippe, Covid), fracture. Une maladie ou une inflammation peut aussi augmenter les besoins en énergie
  • L’isolement social : seul, on est moins motivé pour cuisiner et le repas perd sa convivialité
  • La dépression, l’anxiété, la perte d’envie
  • Les difficultés pratiques : faire les courses, porter des sacs, cuisiner quand la mobilité diminue
  • Les difficultés financières, qui orientent vers des aliments moins chers mais moins nutritifs

Pourquoi une personne âgée qui mange peut-elle maigrir quand même ?

Une perte de poids peut survenir même avec des repas réguliers. Le métabolisme change, l’absorption des nutriments peut diminuer et certaines maladies augmentent les besoins. Certaines idées reçues sur l’alimentation des seniors, comme « il faut manger moins en vieillissant », favorisent aussi la perte de muscle. Dans ce cas, parlez-en à votre médecin traitant et faites un bilan avec un diététicien-nutritionniste. Pour comprendre comment il se déroule, lisez notre article sur le bilan nutritionnel chez les seniors.

Comment repérer une dénutrition ?

Les signes qui doivent alerter

  • La perte de poids récente et involontaire. Une perte de 3 kg ou plus doit vous inciter à contacter votre médecin traitant
  • Une perte d’appétit, des assiettes qui ne sont plus terminées, moins de 3 repas par jour
  • Des vêtements qui flottent, une alliance qui ne tient plus au doigt
  • Une fatigue inhabituelle, une baisse de force (difficulté à se lever, à marcher, à monter les escaliers)
  • Des infections à répétition, une plaie qui cicatrise mal
  • Un désintérêt pour les repas, un repli sur soi, une humeur dépressive
  • Une chute, une confusion ou une dégradation de l’état général

Les critères de la Haute Autorité de Santé (70 ans et plus)

Le diagnostic est posé par un professionnel de santé. Selon la HAS, il faut au moins un critère « physique » et un critère lié à une cause.

Critères physiques (1 suffit) Critères liés à une cause (1 suffit)
Perte de poids ≥ 5 % en 1 mois, ou ≥ 10 % en 6 mois, ou ≥ 10 % par rapport au poids habituel Alimentation réduite de moitié ou plus pendant plus d’une semaine, ou toute baisse des apports pendant plus de deux semaines
IMC inférieur à 22 kg/m² Absorption digestive réduite
Fonte musculaire confirmée (sarcopénie) : baisse de la force et de la masse musculaires Maladie aiguë, maladie chronique évolutive ou cancer évolutif

Une fois le diagnostic posé, le médecin évalue la sévérité (dénutrition modérée ou sévère) à partir de l’IMC, de la perte de poids ou de l’albuminémie. L’albumine dans le sang n’est pas un critère de diagnostic : elle sert uniquement à mesurer la sévérité.

Source : HAS, fiche outil, novembre 2021.

Les outils pour s’auto-évaluer

Quelques outils simples permettent de repérer un risque de dénutrition chez soi :

  • Se peser une fois par mois et noter son poids sur un calendrier ou une courbe. La HAS recommande cette pesée mensuelle à domicile pour les 70 ans et plus, et une pesée chaque semaine en cas d’infection, de baisse d’appétit ou après une hospitalisation
  • Le questionnaire PARAD : 4 questions sur le Poids, l’Appétit, les Repas et l’Alimentation pour évaluer son risque. Il est proposé sur le portail national pour-les-personnes-agees.gouv.fr
  • Le Mini Nutritional Assessment (MNA), un questionnaire utilisé par les professionnels pour évaluer l’état nutritionnel

Ces outils servent aussi aux aidants et aux aides à domicile. Ils ne remplacent pas l’avis d’un médecin.

Un doute sur votre alimentation ou celle d’un proche ? Notre équipe de diététiciens-nutritionnistes vous propose un bilan nutritionnel personnalisé, à domicile (en Île-de-France) ou en téléconsultation.

Quelles sont les conséquences de la dénutrition ?

La dénutrition affaiblit tout l’organisme et enclenche une spirale. Chaque conséquence aggrave la suivante et accélère la perte d’autonomie :

  • Fonte musculaire (sarcopénie) : moins de force, plus de difficultés à marcher, un risque accru de chutes et de fractures
  • Défenses immunitaires affaiblies : plus d’infections et une guérison plus lente
  • Fatigue et faiblesse générale, qui limitent les activités du quotidien
  • Complications médicales : escarres, plaies qui cicatrisent mal, maladies qui guérissent moins vite
  • Troubles de la mémoire, de la concentration et de l’humeur, liés notamment aux carences en vitamines et minéraux
  • Plus d’hospitalisations et d’entrées en établissement, et une qualité de vie dégradée.

Les carences les plus fréquentes

Chez les seniors, on observe souvent un manque de protéines, qui favorise la fonte musculaire. Les carences en vitamine D (moins d’exposition au soleil, synthèse par la peau moins efficace avec l’âge) et en vitamines B9 et B12 sont également fréquentes.

Nos conseils de diététiciens-nutritionnistes pour prévenir la dénutrition

La prévention repose sur trois piliers : manger suffisamment de protéines et de sources d’énergie, garder le plaisir de manger et surveiller son poids. En 2021, le Haut Conseil de la santé publique a d’ailleurs actualisé les repères alimentaires des personnes âgées en insistant sur le plaisir alimentaire, le maintien du poids, la régularité des repas et l’activité physique.

Nos conseils nutritionnels pour lutter contre la dénutrition en vidéo

 

Assiette de repas équilibré

Garder un rythme d’au moins 3 repas par jour

  • Faites au moins 3 repas, complétés si besoin d’un goûter ou d’une collation pour répartir les apports
  • Espacez les repas d’au moins trois heures pour faciliter la digestion
  • Ne négligez pas le petit-déjeuner : une boisson, un produit céréalier (pain, biscottes), un produit laitier et un fruit
  • Le dîner compte aussi : prévoyez un produit céréalier et une source de protéines.

Penser aux protéines à chaque repas

  • Variez les sources : viande, poisson, œufs, produits laitiers, légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots secs)
  • Prévoyez environ 100 g de viande, de poisson ou d’œufs au déjeuner et au dîner
  • Consommez trois à quatre produits laitiers par jour (lait, yaourt, fromage blanc, fromage).

Enrichir son assiette quand on mange peu

Si vous êtes vite rassasié, enrichissez vos plats sans en augmenter le volume. C’est simple et peu coûteux :

  • Ajoutez du fromage râpé ou fondu, de la crème, du beurre, du lait en poudre ou concentré non sucré dans les soupes, purées et gratins
  • Préparez une sauce béchamel pour accompagner légumes, viandes ou poissons
  • Choisissez des desserts « riches » : gâteau de riz ou de semoule, crème aux œufs, flan.

Retrouver l’envie de manger

  • Servez de petites portions pour éviter l’écœurement face à une grande assiette
  • Relevez le goût avec des herbes, des aromates et des épices
  • Variez les couleurs et les textures, et privilégiez les aliments que vous aimez
  • Partagez vos repas quand c’est possible : manger accompagné favorise une alimentation plus régulière.

Découvrez d’autres astuces pour stimuler l’appétit des seniors.

Adapter les textures si besoin

En cas de difficultés à mâcher ou à avaler, des plats hachés ou mixés facilitent la prise alimentaire. Des soins dentaires adaptés (prothèse ajustée, dents soignées) aident aussi à manger confortablement.

Bien s’hydrater

  • Buvez au minimum 1 litre par jour, idéalement 1,5 litre, sans attendre la soif
  • Variez : eau, tisane, sirop, lait, café, thé
  • Buvez davantage en cas de chaleur, de fièvre, de diarrhée ou de vomissements
  • Bouche sèche, peau qui tiraille, constipation ou urines très foncées doivent alerter.

Rester actif

Marcher, jardiner, monter les escaliers, faire ses courses : une activité physique régulière aide à préserver les muscles. Une baisse d’activité inhabituelle peut traduire une fatigue liée à un début de dénutrition.

Les compléments nutritionnels oraux

En cas de dénutrition, le médecin peut prescrire des compléments nutritionnels oraux, concentrés en énergie et en protéines. Ils existent en boissons lactées ou fruitées, crèmes, potages ou poudres. Prenez-les en fin de repas ou entre les repas. Ils sont souvent plus agréables servis frais.

Comment Saveurs et Vie vous accompagne ?

Depuis plus de 25 ans, nos équipes s’engagent dans la lutte contre la dénutrition qui est à l’origine de notre service de portage de repas. Saveurs et Vie est également membre du Collectif de lutte contre la dénutrition depuis 2016.

Nos solutions contre la dénutrition

Nous vous proposons :

  • Un bilan nutritionnel avec un diététicien-nutritionniste, à domicile ou en téléconsultation, pour évaluer votre état nutritionnel selon les critères de la HAS et définir des objectifs adaptés : Prenez rendez-vous
  • Des repas livrés à domicile, adaptés à vos besoins : menu enrichi en protéines Nutrition+, textures hachées ou mixées, menus adaptés à certaines pathologies : Découvrez nos menus

Des aides pour financer le porte de repas

Saveurs et Vie étant agréée Services à la personne, des aides comme l’APA ou l’aide au retour à domicile après hospitalisation de la CNAV peuvent financer tout ou partie du portage de repas selon votre situation : Découvrez les aides financières

Sources :

Article rédigé par l’équipe de diététiciens-nutritionnistes de Saveurs et Vie.

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