Pour avancer, changeons de mentalité

Nous avons reçu il y a peu une lettre écrite par l'un de nos bénéficiaires, M. Clamagirand. Nous avons été très touché par ses mots et avons voulu partager avec vous son texte.

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Pour avancer, changeons de mentalité

L’intelligence est partout répandue, en France comme au Mali, en ville comme dans les villages.

N’avons-nous pas à nous défaire d’étiquettes apposées sur les autres si l’on veut changer de mentalité ? Voici l’une de mes aventures étonnantes.

J’étais au Niger (1984) pour la mise au point d’un système de maintenance de pompes à pied. J’accompagnais un technicien qui réalisait l’entretien de ces pompes. Arrivé devant la pompe d’un village, je lui demande s’il peut, en démontant et remontant l’installation, expliquer aux villageois présents le fonctionnement de la pompe et indiquer le nom des pièces à vérifier ou à changer.

Il s’esclaffe : « Mais les paysans ne savent rien et ne comprennent rien ; ils sont bêtes et ne savent même pas lire ! » J’insiste, et il fait une démonstration entrecoupée de moqueries et en employant des termes techniques et spécifiques. Quand il demande si quelqu’un veut refaire la démonstration, personne, évidemment, ne bronche. « Je vous ai bien prévenu », me dit-il.
Je le prends à l’écart : « tu m’as dit qu’on ne peut rien tirer de ces paysans ; peux-tu oublier ça ? Ni toi, ni moi, ne savons ce qu’ils pensent. Est-ce que tu pourrais te donner envie de leur apprendre ce que tu sais sur l’entretien de cette pompe, qu’ils arrivent à bien comprendre tous les mots que tu vas leur dire, comme si tu expliquais à un copain que tu aimes bien, pour qu’il réussisse très bien l’opération ? ». Le mécanicien est devenu grave ; il ne dit rien pendant un moment, puis : « Je ne sais pas… Je n’ai jamais fait ça… Je veux bien essayer ; je ne sais pas si j’y arriverai. » Je lui mets ma main sur l’épaule :
« Je crois que tu peux réussir. »

Le mécanicien retourne près du groupe ; les villageois essaient de plaisanter ; mais il attire leur attention sur ce qu’il fait. Le groupe devient silencieux et suit toute la démonstration attentivement. A la fin, il pose la question : « qui veut faire la démonstration ? » Après un temps de silence, l’un des hommes s’avance et franchit successivement toutes les étapes de l’opération en désignant le nom des pièces. Le mécanicien est stupéfait : « je ne les aurais jamais cru capables de ça ! »
- « Maintenant, demande aux femmes. » - « Quoi ? Mais ça, c’est impossible ! » ‘ « Si elles ne répondent pas, tu recommenceras pour elles la démonstration. Mais il faut que les hommes s’écartent pour qu’elles puissent bien voir ; dès qu’il y a une mécanique, les hommes sont toujours devant. »
Le mécanicien retourne et interpelle les femmes ; tout le groupe s’esclaffe, y compris les femmes. Alors, tandis que les femmes l’entourent, patiemment, il reprend sa démonstration puis les interroge à nouveau. Après un court silence, l’une des plus âgées se détache et fait la démonstration sans accroc jusqu’à la fin, à la stupéfaction de tous.

Que d’économies à réaliser lorsque l’intelligence des villageois (ou d’autres) est reconnue !

Partout nous pouvons rencontrer des partenaires qui partagent nos préoccupations démocratiques. Mais quand ils sont insérés dans leurs structures, ils deviennent comme paralysés… Pourtant, c’est ce qui est dans notre monde intérieur qui prime. Il s’agit d’aller à la rencontre de ce qui est meilleur chez l’autre, comme avec le technicien des pompes ; alors, progressivement les mentalités pourront évoluer et enfin les changements intervenir.

Bernard Clamagirand, client Saveurs et Vie depuis 2015
 

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